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Rock dans les églises, les évêques cherchent la bonne mesure



Phénomène incontournable depuis une dizaine d’années dans l’Église, le rock chrétien fait l’objet d’une étude très complète publiée par l’épiscopat


Selon une enquête britannique, les 14-24 ans passeraient près de six heures par jour à écouter de la musique… Autant sinon plus que le temps accordé aux jeux vidéo ou la télévision. Les jeunes chrétiens cultivent à leur manière cette fibre, favorisant l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes décomplexés, mêlant culture rock et convictions religieuses : Grégory Turpin, P.U.S.H., Spear Hit, ou l’incontournable Glorious, qui a vendu plus de 100 000 albums depuis ses débuts, en 2000.

« Ces musiques font partie de leur univers, et nous devons en tenir compte », résume Isabelle Livache, responsable de la pastorale des jeunes du diocèse du Mans, attentive à « honorer cette composante ».

« Pour permettre aux jeunes de rencontrer Dieu, nous devons partir de ce qu’ils sont. Aujourd’hui, on ne peut faire l’impasse sur la culture pop », estime de son côté Alexis de Labarthe, responsable de l’équipe musique du mouvement d’évangélisation Jeunesse 2000, qui n’hésite jamais à rajeunir un cantique usé, à introduire un rythme reggae dans un chant. De fait, rares sont les rassemblements qui n’ont désormais recours au rock chrétien pour attirer les jeunes.

 

Musique chrétienne



Le rock chrétien bouscule parfois les habitudes des communautés

Le phénomène est tel que les évêques de France ont engagé une réflexion sur ce qu’on n’hésite plus à nommer les « musiques actuelles chrétiennes » (MAC), objet de la dernière livraison des Documents épiscopat . Ce mot-valise englobe toutes les musiques amplifiées d’inspiration religieuse, qui font la part belle à la guitare électrique, basse, batterie, cuivres, sampler et synthétiseur.

Mais les « MAC » recouvrent en réalité une extrême diversité de styles et de démarches. Il fallait donc aider les évêques, prêtres et animateurs, souvent peu familiers de cette culture, « à y voir un peu plus clair », écrit dans la préface Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun, président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes. « À quelles conditions certaines peuvent être appelées musiques chrétiennes ? L’Église peut-elle davantage encourager voire initier des expériences innovantes ? »

Car si le « rock chrétien » n’est pas une nouveauté – des groupes comme Totus Tuus ou Exo avaient déjà ouvert la voie dans les années 1980, bien avant Glorious –, son ampleur n’a cessé de croître en dix ans, bousculant parfois les habitudes des communautés. Les labels spécialisés se sont multipliés (Première partie, Rejoyce, Gramofone…) et des festivals ont vu le jour (Festival de Pâques à Chartres, Bâtir sur le Rock à Laval, Open Spirit à Buzançais).

Le désir de se mettre au service de l’Église

« Quand on demande aux jeunes ce qui les séduit, l’impact de la musique revient presque toujours. Pour eux, l’expérience spirituelle passe par l’expérience émotionnelle et l’engagement du corps », analyse Pierre Benoît, diacre lyonnais à l’origine de cette enquête.

Par endroits, la « pop louange » est en voie d’institutionnalisation. À Lyon, les rockeurs de Glorious proposent chaque semaine une veillée de prière aux jeunes du diocèse, avec enseignement et groupes de partage. Cette formule s’est récemment exportée dans le diocèse d’Albi, sous la houlette du P. René Luc, lui-même ancien pionnier du rock chrétien avec Totus Tuus.

« Beaucoup se lancent avec le désir de se mettre au service de l’Église », reconnaît Pierre Benoît, conscient des attentes de ces artistes, qui souvent vivotent de petits boulots et se sentent peu soutenus. Parmi eux, certains s’adressent parfois à un public profane, avec des textes plus personnels et une démarche spirituelle moins explicite : Theos, Aquero, Grégory Turpin ou Marina Poydenot

«Un cantique peut être repris avec un swing qui le rend vivant»

Aussi l’étude distingue-t-elle quatre catégories susceptibles d’être considérées comme des « MAC » : les chanteurs grand public, qui témoignent de leur foi par des concerts, les ensembles de pop louange et de « paraliturgie », et, enfin, les groupes destinés à l’animation de messe, souvent au centre des débats dans les paroisses.

À cet égard, animateurs et prêtres trouveront des pistes concrètes pour apprivoiser les « MAC » : « Tel morceau joué à l’orgue peut être repris au piano avec des variations de tempo et de tonalité. Tel cantique peut être repris avec un swing qui le rend vivant. »

Au Mans, Isabelle Livache et son équipe misent sur la complémentarité des instruments. « On peut faire de très belles choses, y compris dans le domaine liturgique, en mélangeant orgue, trompette et guitare », assure-t-elle.

«Ce milieu manque de professionnalisme, de structures»

Ce document a aussi le mérite d’aborder les questions qui dérangent, notamment les phénomènes émotionnels et charismatiques – chant en langues, paroles de prophétie… – qui accompagnent parfois les veillées de louange. Sur ce point, l’épiscopat est clair : ces manifestations ne doivent pas être « interdites » mais « accueillies, relues, accompagnées ».

Quant aux artistes de spectacle, les évêques leur demandent de promouvoir un « message de vérité sur l’homme », respectueux de Dieu, en affichant clairement leur identité catholique. En d’autres termes, l’Église est prête à soutenir les « MAC », mais à certaines conditions…

« C’est une très bonne chose que l’Église se prononce enfin, se réjouit le chanteur Grégory Turpin. Mais plus que tout, je crois que ce milieu manque de professionnalisme, de structures. »

La formation, sans doute l’une des clés pour que les « MAC » s’intègrent durablement, au-delà des préjugés, des clivages de générations et de sensibilités… En effet, relève Pierre Benoît, la relation entre la culture rock et la culture de l’Église de France « engage à des changements réciproques ».
François-Xavier MAIGRE

Source : journal Lacroix

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